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Jean de Bonnefon 1866-1928


Journaliste et écrivain né à Aurillac, il fréquenta les salons parisiens.

Pringué, qui le qualifie d' « aristocratique vieillard », fait de cet ami des archiduchesses et des cardinaux un portrait amusé : « Il avait beaucoup vécu à Vienne, dans l'intimité de la Hofburg dont il connaissait les secrets les plus dramatiques et au Vatican dont il savait les intrigues et dont il narrait de sa charmante ironie voltairienne l'habile diplomatie. Le front couronné de boucles blanches frisées au fer, coiffé d'un feutre à larges bords, précédé d'un majestueux embonpoint, il promenait sa faconde mordante et cynique parmi une cohorte de jeunesse admirative, tandis que sa main d'évêque bénissait ses propres récits. »

Je suis tombé par hasard sur cet article relatif à Jean de Bonnefon. Jai cliqué sur "modifier" pensant que ça avait le sens de compléter alors, je me permets de signaler que Jean de Bonnefon a joué un rôle décisf dans la rédaction de la loi de séparation de léglise et de l'état. En effet, c'est chez lui que le 17 avril 1905 fut réalisé le compromis sur le fameux article 4 entre Aristide Briand rapporteur de la loi et Monseigneur Fusez évêque modéré de Rouen qu'il avait conviés à diner !

Francis Charmes 1848-1916

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Né à Aurillac, le 21 avril 1848.

Cet ancien fonctionnaire de l’Assistance publique entama après la guerre de 1870 une carrière de journaliste, en écrivant d’abord dans Le XIXe siècle, dirigé par Edmond About, puis au Journal des Débats, auquel il devait collaborer pendant plus de trente ans. Son goût pour la politique, pour les questions diplomatiques en particulier, le poussa à s’engager plus avant dans les affaires de la nation et, grâce au soutien de Thiers, il obtint une direction des Affaires étrangères et fut successivement nommé ministre plénipotentiaire (1880), directeur des Affaires politiques au ministère des Affaires étrangères (1885), conseiller d’État en service extraordinaire (1886).

Élu député du Cantal, il siégea à la Chambre de 1881 à 1885, puis de 1889 à 1892, avant de se présenter au Sénat dont il fut membre de 1900 à 1912.

Chargé du bulletin politique de La Revue des deux mondes à partir de 1904, il succéda à Brunetière à la tête de la revue, quand ce dernier mourut en 1906. Celui qu’Émile Faguet définissait comme un homme « invinciblement tempéré », fut particulièrement influent sur les idées politiques de son temps. La clairvoyance de ses analyses et l’efficacité de ses conseils firent de lui une des figures marquantes du conservatisme libéral.

Francis Charmes fut élu à l’Académie française, le 5 mars 1908, au fauteuil de Marcellin Berthelot, dès le premier tour, avec 27 voix sur 33 votants. C’est Henry Houssaye qui le reçut le 7 janvier 1909.

Mort le 4 janvier 1916.

Arsène Vermenouze

Arsène Vermenouze est né à Vielles, commune d’Ytrac, près d’Aurillac, le 26 septembre 1850 de Marie-Anne Mélanie Garric et Firmin Vermenouze, alors marchand en Espagne

A l’origine, Vermenouze est le nom d’un hameau séparant les vallées de l’Authre et de la Jordanne. Dès le 15 ème siècle, la présence de la souche Vermenouze est attestée dans la paroisse de Marmanhac.

A 16 ans, en 1866, Arsène Vermenouze part pour Illescas en Espagne, ville situére entre Madrid et Tolède, à 25 kilomètres de Madrid. A Illescas se trouve un des magasins de la société Vermenouze Frères et Compagnie. Dans l’épicerie (au sens large : avec les vins, la mercerie, la quincaillerie, la droguerie...), Arsène Vermenouze acquiert une solide expérience commerciale, mais sa vocation poétique contrariée s’en fortifie d’autant.. Déjà, dès son enfance, il composait. Durant son séjour espagnol, il découvre avec passion Victor Hugo et les romantiques, mais aussi Cervantès.

"Sous un ciel bleu dans la poussière blanche
Cest un vieux bourg perdu tout au fond de la Manche"
Dernières Veillées.

A partir de 1879, il pubie ses premiers écrits français dans l’Indépendant du Cantal, puis à l’Avenir du Cantal, journal dont le directeur, Auguste Bancharel, lui fait découvrir la langue d’oc. C’est le temps de la muse sans manière "la musa sans capèl" et de "Pierron l’enfant d’Itrac".

En 1883, il rentre en France,et après un stage à Bordeaux en 1884, de 1885 à 1900 exerce la profession de distillateur liquoriste dans son magasin, au numéro 18 rue d’Aurinques. Cette rue devenue depuis rue Arsène Vermenouze, avait déjà abrité le poète François Maynard.

A partir de 1887, dans le Moniteur du Cantal, puis dans la Croix du Cantal et la Croix cantalienne, Arsène Vermenouze anime la vie culturelle et politique cantalienne en publiant des poésies satiriques "Guela", "Las doás menetas" qui seront reprises dans son premier recueil "Flor de brossa" en 1896.

Dans La Croix du Cantal, il sera ‘L’Arverne’, éditorialiste en langue française vigoureusement engagé. Les valeurs qui l’animent sont la foi chrétienne et le patriotisme. Selon ses propres termes, c’est à l ‘Ecole Supérieure d’Aurillac qu’Arsène Vermenouze avait senti éclore en lui ‘le germe agreste de poésie’, qu’il avait appris à ‘ aimer le Christ et la France, son pays’.

Arsène Vermenouze a été le chef de file et la figure emblématique de la renaissance de la langue d’òc dans le Cantal.

Dès 1890, dans son poème "Als felibres, als cigalièrs e als trobaires", il exprime une idée essentielle du Félibrige : l’unité de la langue d’oc par delà les variantes régionales. En 1894, il est l’auteur du manifeste fondateur "A tota l’Auvèrnha" et devient le "Capiscòl" de la première ‘Ecole Auvergnate’ qui s’assigne pour mission la défense et l’illustration de la langue d’Auvergne.

En janvier 1895, dans un grand enthousiasme, est lancée la revue "Lo Cobreto", organe de presse du mouvement.

A la tête de "Lo Cobreto" jusqu’en 1900, Vermenouze a alors une intense activité de chef d’école, sollicité dans toutes les grandes manifestations régionalistes, communiquant avec divers érudits et les éminences félibréennes du midi, multipliant les discours de circonstances, composant les poèmes qui entreront dans son deuxième grand recueil languedocien "Jos la Clujada".

En 1900, à la Sainte Estelle de Maguelonne, Vermenouze est nommé majoral du Félibrige et rencontre le prestigieux Mistral qui l’accueille à bras ouverts : " Aquò’s tu, Vermenosa, a ! pecaire, fai-me un poton ! " Il est le premier Majoral d’Auvergne.

Arsène Vermenouze est aussi un grand poète en langue française. En 1900, il publie "En plein vent". En 1903, paraît "Mon Auvergne", "un vrai poème auvergnat, doucement et mûrement, un poème ruminé dehors à la chasse, sur les neiges d’hiver, dans les genêts, dans la brande, sous les aurores du cuivre rose et les agonies pourpres du soleil couchant " (lettre de Vermenouze à Antonin Perbosc).

C’est dans ce recueil, primé par l’Académie française, qu’on trouve l’évocation du célèbre braconnier Paillargue dont le souvenir est resté vivant chez de vieux Aurillacois.

Arsène Vermenouze est alors au faîte de sa gloire. Ses amis songent très sérieusement à le faire entrer à l’Académie Française.

Mais les dernières années du poète ont été attristées par une maladie des voies respiratoires qui l’affaiblit et l’oblige à effectuer de nombreuses cures thermales. En 1900, il avait renoncé à diriger la revue "Lo Cobreto".

Il meurt à Vielles le 8 janvier 1910.

Eloge du poète

L'éloge qui suit, prononcé à la mort du poète par un adversaire, Henri Bonnet, a bien plus de valeur que les compliments sans réserve des amis.

"Arsène Vermenouze ne partageait certes pas nos opinions. C'était un catholique farouche, austère et violent, une manière d'homme du Saint-Office. Aussi sommes nous très à notre aise pour jeter sur sa tombe la douce immortelle, car le nom du cantalien disparu, déjà inscrit dans les annales de la poésie, se gravera sur les tables d'airain, pour l'immortalité. Quel homme, ce Vermenouze, et quelle étrange figure que celle de ce plébéien à l'allure de seigneur castillan. Ce qu'il fut ? Avant tout un chasseur ! Les bergers de Virgile jouaient de la flûte tout en gardant leurs troupeaux. Vermenouze, lui, tout en "canardant" le gibier, jouait de la lyre. C'est dans la "lengo meiralo", dans le parler des aveux, qu'il composa ses premières oeuvres, où il déploya les richesses d'un vocabulaire étendu, une originalité savoureuse, une verve abondante. Il a rempli un noble rôle a reconstitué notre vieux dialecte et élevé à la Petite Patrie un monument durable."

Un comité se forme pour élever un monument à la gloire du poète disparu, sous la présidence de M. Francis Charmes, de l'Académie française, Frédéric Mistral étant président d'honneur. Ce comité comprend des nota¬bilités du Plateau Central et des hommes de lettres très en vue : M. de Ribier de la "Revue des Poètes", Maurice Barrès, Jean Richepin, Jean Aicard, René Bazin, Charles Le Goffic, Jean Ajalbert, Louis Debrons, Pierre de Nolhac, Eugène Lintilhac, Louis Bonnet, Henri Bastid, Louis Farges, François Fabié, le duc de La Salle de Rochemaure... Les souscriptions sont reçues à "La Revue des Poètes" et à la "Veillée d'Auvergne".

Les deux premières listes se montent à 1329,30 fr, au 26 juin 1910. Une soirée littéraire est donnée au théâtre d'Aurillac; c'est une conférence sur les troubadours cantaliens, par le duc de La Salle de Rochemaure, avec interprétation de poésies et de chants, en novembre 1910. Le comité fait appel aussi à Jean Richepin (un "franciman"), pour une autre conférence sur Vermenouze, en mai 1911, au profit du monument.

Mais la guerre survint, l'attente fut longue... et c'est seulement le 15 août 1924 qu'eut lieu l'inauguration du buste, placé au centre du jardin.

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"C'est le Square qui a été étonné ! Il y avait si longtemps qu'il n'entendait que le cri discordant de la grue faisant écho aux trompes d'automobiles. Hier soir, ô miracle ! Sur les branches du vieux cèdre, voilà que s'abat une véritable averse de cigales. Vermenouze ! avec sa face maigre, allongée encore par la barbiche, le manteau rejeté sur l'épaule, semble flotter à tous les souffles d'En plein vent."

"D'une élégante sobriété, le monument est dû au ciseau d'un artiste de la Basse Auvergne, M. Camus. Sur un socle en lave de Volvic que l'on eut voulu moins grêle, le buste est posé de trois quarts.

Malgré les critiques adressées au portraitiste et sans doute fondées, l'oeuvre du sculpteur reste d'une belle et vigoureuse expression. Drapé dans un court manteau, les mains croisées sur son bâton de marche, le front largement découvert, le capiscol profile énergiquement ses trait anguleux et volontaires.

En présence de M. Pierre de Nolhac, de l'Académie française, Mgr Lecoeur, évêque de Saint-Flour, M. Gas, préfet du Cantal, Armand Delmas, Ernest Delmas, archiviste, le peintre Fonfreide et Raymond Cortat, M. Louis Farges, de tout son coeur, de toute son âme, célébra en Vermenouze l'admirable chantre de la terre natale, de la famille, des moeurs ancestrales, le patriote au verbe ardent, l'aède chrétien à la foi vive et profonde. Avec émotion, il remit à la ville d'Aurillac le buste de son glorieux poète. Le docteur Reniac, premier adjoint, reçut le monument et remercia au nom de la municipalité.

Suivent cinq discours, et huit autres après le banquet ! chacune des personnalités ayant un petit papier dans la poche. Nous garderons seulement un extrait de la poésie de Raymond Cortat

« Ta langue, fille claire et libre du soleil, Aux mots frappés comme de rustiques médailles, Et qu'on entend tinter, depuis Maurs à Mandailles, Au ras des plombs, avec un cliquetis vermeil !

Ta langue, Vermenouze, et qui claque et s'exalte Les dimanches d'été, sur la place des bourgs, Alors que les bouviers aux gestes lents et lourds, Heurtent de leurs sabots les dalles de basalte ... »

Extraits de « Autour du Square Vermenouze » de Germain Pouget et Robert Combier. Sept 1998.

François Maynard 1582-1646

Extrait de l'Educateur Syndicaliste ( Mars 1957)

POËTE COURTISAN - BOURGEOIS D'Aurillac -MEMBRE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE

Né à Toulouse, en 1582 ou 1583, d'une vieille famille de robe. Il fait ses études de droit et commence à rimer dès son jeune âge.

Il se rend à la cour où il est tout d'abord secrétaire de Marguerite de Valois (la reine Margot.), se crée des relations parmi les écrivains (dont Malherbe) et les nobles.

En 1608, il passe aux ordres d'Henri 1V.

En 1611, après l'assassinat du roi, il achète la charge de président du Présidial (Tribunal) d'Aurillac.

En 1628, afin de faire valoir ses dons littéraires, et par ambition, il revient à Paris où règne Richelieu, avec lequel il se brouille.

Après quelques années de séjour, voyant qu'on ne s'occupe nullement de lui, il retourne à Aurillac et à St Céré où il attend le bon plaisir des princes.

En 1635, il accompagne François de Noailles en ambassade à Rome et y fait sa cour au pape.

Il revient à Paris, mais il s'aperçoit qu'il est passé de mode.

On rit de lui, de ses discours, de ses expressions d'un autre âge.

Désabusé, il regagne St Céré où il meurt presque aussitôt.

Son « hôtel » existe encore à Aurillac, au 35 rue Arsène Vermenouze (rue d'Aurinques).

Sur la porte une inscription en latin :

« Jusqu'à ce que la désirée vienne ».

On s'est penché sur cette « énigme », pour savoir s'il s'agissait de la mort, de l'amour ou de l'oubli.

Dans « Les Foires d'Aurillac » (T. 11, p. 68), H. Durif rapporte que l'écrivain avait dans son bureau un buste de Richelieu portant « roulé autour du cou une corde, à chaque bout de laquelle pendaient des pièces d'argent, et Maynard avait écrit au bas du socle en gros caractères : Je payerai dix louis la corde qui servira à pendre en place de Grève le cardinal-due, Amen ».

Sonnet-épigramme

Par vos humeurs le monde est gouverné,

Vos volontés font le calme et l'orage,

Et vous riés de me voir confiné,

Loin (le la Cour, dans mon petit village.

Cléomédon, (1) mes désirs sont contens,

Je trouve beau le désert où j'habite,

Et connoy bien qu'il faut céder au temps,

Fuir l'éclat et devenir hermite.

Je suis heureux (le vieillir sans employ,

De me cacher, de vivre tout à moy,

D'avoir dompté la crainte et l'espérance.

Et si le Ciel qui me traite si bien,

Avoit pitié de vous et de la France,

Votre bonheur seroit égal au mien.

(1) Richelieu.

Fernand Prax

Poète et félibre dans le Cantal : FERNAND PRAX est né à Mézergues de Marmanhac le 26-6-1890.

La vallée des poètes lui a rendu hommage le 8-7-2001.

Fernand Prax après l’école primaire de son village, poursuit ses études au Petit Séminaire de Pleaux, puis au Lycée d’Aurillac où il étudie la philosophie, le latin et le grec, la littérature moderne et classique.Virgile et Homère seront ses maîtres à penser.

Il travaille avec son père, marchand de vins, ce qui l’amène à faire de fréquents voyages en Pays d’Oc où les vignerons parlent sa langue, son « patois », la Langue d’Oc. Son temps libre, il le passe à la chasse, où son amour de la nature lui inspire des lignes poétiques, et à la lecture, où il parfait sa connaissance des œuvres de Vermenouze, de Mistral, amoureux comme lui de la terre et de la langue d’oc.

En 1924 il adhère à « l’Escolo Oubernhato » crée par Vermenouze et filiale du « Félibrige » de Mistral. Ses poèmes sont régulièrement publiés dans « Lo Cobreto ». En 1929 il publie son premier livre « Lo Glaibo Mairalo », hymne à la terre natale et une pièce de théâtre. En 1926 il obtient 2 premiers prix aux Jeux Floraux. En 1930, l’ensemble de son œuvre lui vaut les Palmes Académiques. En 1936 il est nommé Officier de l’Instruction Publique.

Au cours de ces années il fréquentera tous les poètes et écrivains locaux : Eugène Pagès, Dommergues, Courchinoux, Etienne Marcenac, Gandilhon Gensdarmes…

Le poète était aussi un grand amuseur : dans « Lou Permis de Counduire » il nous raconte son premier affrontement avec le modernisme. Son dernier livre « Historios de Toutos Menos » regroupe des poèmes bucoliques et des nouvelles humoristiques.

Pour être accessible au plus grand nombre de lecteurs, il a choisi d’écrire l’occitan de façon phonétique, ce qui lui a valu beaucoup de polémiques de la part des puristes ; mais tous ceux qui connaissent « le Patois » pour l’avoir entendu parler dans leur village, et n’ont pas fait d’études spéciales en occitan, se réjouissent de pouvoir le lire sans difficulté.

Depuis 1970 il repose au cimetière de Marmanhac, face à sa maison de famille.