Célébrités politique
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Le Cantal est le seul département français a avoir donné deux présidents à la République (Paul Doumer et Georges Pompidou) et un pape à la Chrétienté (Sylvestre II).
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Georges Pompidou 1911-1974
Georges Pompidou descendait d’une famille de la Châtaigneraie dont l’existence à Boisset est connue depuis le début du XVIIIè siècle. C'est d'ailleurs dans le Cantal qu'il naquit le 5 juillet 1911, mais à Montboudif (arrondissement de Saint-Flour) dans un ménage d'instituteurs. Il reste le seul président de la Ve République d'origine populaire. Son ascension doit tout à l'école républicaine. Élève de l'École normale supérieure, il devient professeur de lettres. Pendant la guerre, il ne prend pas parti comme d'autres qui se rendent à Londres ou bien à Vichy.
À la Libération, tout en devenant un proche du général de Gaulle, il exerce ses talents dans la banque en devenant le fondé de pouvoirs des Rothschild. Le général de Gaulle fait appel à lui en 1962 pour succéder à Michel Debré comme Premier ministre. Georges Pompidou conservera cette fonction pendant six ans, réalisant un record dans l'histoire de la France.
Il est élu député du Cantal (circonscription de Saint-Flour) en 1967 et réélu en 1968, à la suite de la dissolution de l'Assemblée nationale. Son suppléant, Pierre Raynal, lui succède en 1969.
Élu président en 1969, Georges Pompidou se fait le chantre du développement industriel de la France avec de premiers investissements dans le programme ferroviaire à grande vitesse (TGV), la modernisation du téléphone, la construction d'autoroutes, y compris en centre-ville (voie sur berges à Paris).
Sa présidence laisse le souvenir d'une embellie économique et sociale sans précédent. On rêve en France d'égaler la puissance industrielle allemande et le président Pompidou offre à ses concitoyens la perspective d'une société aussi égalitaire et prospère que la Suède de l'époque, «avec le soleil en plus».
Bien que la maladie du président fût depuis plusieurs mois devenue visible à tout un chacun, la classe politique se laisse surprendre par sa mort le 2 avril 1974.
Georges Pompidou est l'auteur d'une anthologie de la poésie française.
François de La Rocque 1885-1946
Le lieutenant-colonel François, comte de La Rocque est né le 6 octobre 1885 à Lorient, où son père, polytechnicien, est officier artilleur dans la marine. Militaire français d'origine cantalienne il a servi sous Weygand en pologne en 1921 et sous Pétain au Maroc en 1925. Il quitte l'armée en 1928, adhère à l'association "Les Croix-de-Feu" dont il devient président en 1931. Les Croix-de-Feu constituée d'anciens jeunes combattants de la première guerre mondiale, de patriotes de toutes convictions religieuses, avait pour objectif d'assainir la vie politique française, dominée par l'affairisme et le sectarisme, et de diffuser des valeurs de "réconciliation" inspirées du christianisme social. Le 6 février 1934 l'Action française de Charles Maurras et les éléments les plus dynamiques d'autres ligues nationales tentent de pénétrer de force au Palais Bourbon. La police tire sur la foule et il y a 17 morts et 1435 blessés. De leur côté, les Croix de Feu sont présentes ce jour-là, refusant toutefois de se mêler aux agitations ligueuses de la place de la Concorde et s'abstenant, sur instructions de La Rocque, de forcer le mince barrage de police qui interdisait l'accès du Palais Bourbon. Après le 6 février 1934 La Rocque fonde le Parti Social français (PSF) qui réunit en 1938 plus d'un million d'adhérents et remporte de nombreuses éléctions partielles. Le Petit Journal est l'organe de presse du PSF. Réfugié à Clermond Ferrand durant toute l'occupation, La Rocque est hostile à la collaboration avec l'Allemagne et concrétise son engagement comme chef du réseau Klan en liaison directe avec les services de renseignement britanniques. La Rocque est arrêté par Geissler, chef de la Gestapo à Clermont Ferrand en mars 1943 et détenu dans les prisons de Moulin, Fresnes et du Cherche Midi avant d'être déporté. Après sa libération par les Américains le 8 mai 1945, il est rapatrié en France le lendemain et placé en résidence surveillée à la caserne des Coches, à Versailles, par le gouvernement provisoire. Le 28 avril 1946, le lieutenant-colonel de la Rocque meurt des suites d’une opération chirurgicale et de son mauvais état général. Quelques mois auparavant, la commission de vérification des internements administratifs avait réclamé sa libération, mais le gouvernement provisoire ne donna pas de suite à cet avis. Il était titulaire de onze citations et avait reçu la cravate de commandeur de la Légion d’Honneur le 24 juillet 1931 des mains du général Weygand. En 1961, l’action résistante de La Rocque est confirmée par le général de Gaulle, Président de la République, dans une lettre adressée à madame de La Rocque, à l’occasion de la remise de la carte de résistant et la médaille de déporté de son mari.
La Rocque est inhumé dans le cimetière de Saint Clément, où sa famille a ses origines. Sur le fronton de sa tombe on lit seulement : "François de La Rocque", sans grade ni date de naissance et de décès. Au dessous figurent ses armoiries : "deux lévriers affrontés, et, au chef, trois échiquiers de rocs". De part et d’autre sont gravées deux inscriptions à la mémoire de ses deux fils: "Jacques François de La Rocque, aspirant pilote, disparu en service aérien en Méditerranée le 21 juillet 1948, 29 ans, Croix de guerre, Médaille militaire, Légion d’honneur, cité à l’ordre de la Nation". A droite : "Jean François de la Rocque, sous-lieutenant pilote, tué en combat aérien au cours d’une mission volontaire le 13 mai 1940 , 23 ans, Croix de guerre, Légion d’honneur, inhumé à Bouvignes, Belgique".
Paul Doumer 1857-1932
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Homme d'État français, Paul Doumer est né en 1857 à Aurillac et mourut assassiné à Paris en 1932 un an après son élection à la présidence de la république.
Gouverneur général de l'Indochine de 1897 à 1902, Paul Doumer publie en 1903 un ouvrage intitulé l'Indochine française. Harlingue/Roger-Viollet
Né au sein d'un milieu modeste, fils de cheminot, Paul Doumer devint professeur puis journaliste.
"le 23 mars 1857 , à trois heures du matin; est né maison Delsol, tanneur, faubourg Saint Marcel , à Aurillac, Joseph Atanase de sexe masculin de , Jean Doumer , employé de chemin de fer , et de Victorine France Alexandrine Davis , sans profession"Il fut élu député radical de l'Aisne en 1888, puis de l'Yonne en 1890.
Ministre des Finances dans le cabinet Léon Bourgeois, il présenta, sans succès, le premier projet d'impôt sur le revenu.
De 1897 à 1902, il occupa le poste de gouverneur général de l'Indochine. Dans le cadre de ses fonctions, où il se signala par la rigueur de sa politique de colonisation, il renforça le système d'administration directe au détriment de l'ancienne classe dirigeante indigène, mit en place un véritable système fiscal et lança une politique de grands travaux.
À nouveau député à partir de 1902, élu président de la Chambre en 1905, il se présenta, sans succès, à la présidence de la République en 1906 contre Armand Fallières.
Sénateur de la Corse à partir de 1912, il fut appelé au ministère des Finances, en 1921, par le président du Conseil Aristide Briand.
Après un second passage aux Finances en 1925, il fut porté à la présidence du Sénat en 1927.
Paul Doumer, modéré, d'un patriotisme intransigeant (il avait perdu quatre fils au combat pendant la Première Guerre mondiale), fut préféré à Briand lors de l'élection présidentielle de 1931.
Moins d'un an plus tard, le 6mai 1932, il fut assassiné par Gorgulov, un Russe blanc souffrant de troubles mentaux, qui l'accusait de collusion avec les communistes. Il eut pour successeur Albert Lebrun.
Depuis le 22 juillet 1934, à Aurillac, tout en haut de l'avenue de la République, proche d'un groupe scolaire inauguré le même jour et qui porte son nom, a été érigé par souscription nationale un monument à la mémoire du Président Paul Doumer.
Jean-Baptiste Coffinhal 1762-1794
Jean-Baptiste Coffinhal est né à Vic-sur-Cère, le 7 novembre 1762, guillotiné à Paris le 18 thermidor an II (6 août 1794). Membre du Tribunal révolutionnaire.
Jean-Baptiste Coffinhal était le plus jeune des trois fils d'un avocat d'Aurillac. Ses deux frères aînés étudient la jurisprudence, lui opte pour la médecine. S'en lassant très vite, il se rendit à Paris où il trouva une place de clerc de procureur. Percevant un maigre salaire, il vécut pauvrement dans l'espoir de jours meilleurs.
C'est la Révolution qui apporta à ce petit juriste de beaux espoirs, mais ceux-ci furent lents à se réaliser. Il s'enthousiasme pour la Révolution, prend une part active à l'agitation politique qui secoue la capitale, mais sans succès. Pendant les trois premières années, il ne fit qu' « agiter la poussière des clubs » selon les mots de Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau. Il remplit les fonctions de commissaire de police dans sa section. Il participe à la prise des Tuileries lors de la journée du 10 août 1792. Peu de temps après il est nommé juge au tribunal criminel extraordinaire (dit du 17 août 1792). Lors de la création du Tribunal révolutionnaire, le 10 mars 1793, il est nommé juge et devient l'ami de Fouquier-Tinville. Certainement l'accusateur public ne devait pas être un étranger pour Jean-Baptiste Coffinhal. Avant la Révolution les deux hommes ont dû à maintes reprises se rencontrer au Palais. Jean-Baptiste Coffinhal était un géant doté d'une voix de basse sonore et lugubre, son apparence extérieure, selon le témoignage de Michaud, n'était pas très rassurante, «ses yeux noirs et couverts d'épais sourcils, son teint jaune et atrabilaire portaient l'effroi dans l'âme des accusés». Toujours d'après le témoignage de Michaud, il était «d'un caractère fort sombre». Malgré cela il semble avoir apprécié les divertissements. De temps en temps, on pouvait l'apercevoir, dans le quartier du Palais-Royal à des heures tardives, profitant agréablement de la vie. Un jour, il fut même arrêté et mené au poste avec Fouquier-Tinville, le fils de ce dernier, et un des jurés du tribunal. Ils refusèrent de montrer leurs cartes civiques à une patrouillle. L'Intermédiaire des Chercheurs et curieux narra cet incident. Jean-Baptiste Coffinhal et ses trois amis furent arrêtés dans un état d'ivresse très avancée. Jean-Baptiste Coffinhal, était selon les témoignages dans un état d'excitation extrême. Toujours selon les témoignages de ses contemporains, Jean-Baptiste Coffinhal appréciait les bons vins, sa cave si l'on se réfère à l'inventaire dressé après son exécution, était bien approvisionnée (237 bouteilles pleines, 300 vides, plus une feuillette pleine, soit 225 litres de vin en fût). Sa carrière de juge prit de l'importance lors du procès de Jacques René Hébert et des Hébertistes. Il fut chargé avec d'autres juges de l'instruction du procès, sa signature est présente sur un grand nombre d'interrogatoires. Il fut chargé de rédiger un Journal du procès. En collaboration avec trois autres collègues, son travail ne reflète guère la réalité des débats. En 1795, sous la Convention thermidorienne, la découverte des documents concernant l'instruction des divers procès qu'il eût à charge d'instruire révèle maintes suppressions et des "rectifications" faites par Jean-Baptiste Coffinhal. (Déposition du juge Féral à la date du 9 vendémiaire an III (30 septembre 1794). Lors du procès des parlementaires, il se fit également remarquer par sa sévèrité et sa malhonnêteté. Remplaçant René-François Dumas, il présida les audiences du procès des fermiers généraux parmi lesquels se trouvait Antoine Laurent Lavoisier. Il y eût beaucoup de discussions sur la réalité de la célèbre phrase «La République n'a pas besoin de savants ni de chimistes» que Jean-Baptiste Coffinhal aurait adressée à Lavoisier. Le 22 prairial an II (10 juin 1794), on élimina les mauvais éléments du Tribunal révolutionnaire, à cette occasion Jean-Baptiste Coffihal fut nommé premiers des trois vices-présidents. Les témoins de l'époque sont tous unanimes pour décrire Jean-Baptiste Coffinhal comme un homme sévère et impitoyable dans l'exercice de ses fonctions. Les témoignages de cette époque qui ne garantissent pas la véracité de ces paroles, relatent quelques réparties de Jean-Baptiste Coffinhal qui prouvent son humour macabre doublé d'un sadisme glacial. Lors de la chute de Maximilien de Robespierre, Jean-Baptiste Coffinhal eut une attitude hésitante, si tous les acteurs de la chute de l'«Incorruptible» avaient manifesté du même manque d'énergie et d'esprit de décision, les Robespierristes n'auraient pas échoué dans leur tentative. Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794) Jean-Baptiste Coffinhal réfugié à l'Hôtel de Ville avec Maximilien de Robespierre et ses partisans parvint à prendre la fuite, il longea les berges de la Seine et gagna l'île des Cygnes, non loin du quai de Grenelle où des bateliers cantaliens le cachèrent. Jean-Baptiste Cohhinhal demeura caché du 10 au 17 thermidor an II (28 juillet au 5 août 1794). Il sortit de son refuge au soir du 17 thermidor an II. Hésitant à regagner son domicile, il frappa à la porte de sa maîtresse, Mme Nègre, résidant rue Montorgueil. Celle-ci refusa de l'héberger. Errant sans but dans les rues de Paris, Jean-Baptiste Coffinhal fit la rencontre d'une personne qui lui devait encore de l'argent. Cet homme accepta de le cacher et l'incita à entrer dans sa demeure puis se précipita à la police pour le dénoncer. Jean-Baptiste Coffinhal fut incarcéré à la Conciergerie vers deux heures du matin. Son voisin de cellule, Fouquier-Tinville l'entendit hurler jusqu'au petit matin, accablant de reproches François Hanriot et les autres conjurés. Il fut condamné à mort sur simple vérification de son identité par le tribunal criminel du département ( le Tribunal révolutionnaire où avait siégé Jean-Baptiste Coffihal était provisoirement suspendu). Dans la charrette qu'il le transporta de la Conciergerie à la place de Grève, il était seul, debout, la tête haute, de temps à autre il regardait la foule avec indifférence. Celle-ci lui lançait des injures sarcastiques, lui renvoyant les sinistres plaisanteries dont il accablait les accusés. Il gravit les marches qui le menait à la guillotine d'un pas décidé, sans prononcé un mot, il offrit son cou à Charles-Henri Sanson. Ainsi mourut le 105ème et ultime "hors la loi" du 9 thermidor an II (27 juillet 1794).
Jean-Baptiste Carrier 1756-1794
Jean-Baptiste Carrier (16 mars 1756 à Yolet près d'Aurillac - 16 novembre 1794 (26 brumaire an III) à Paris) fut un politicien français. Fils de Jean Carrier et de Marguerite Puex, il est le troisième enfant d'une famille composée de trois filles et de trois garçons. Il épouse le 4 octobre 1785 Françoise Laquairie. Auvergnat, dur au labeur, âpre au gain, renfermé et agressif, noyant sa solitude et son ennui dans l'alcool. En 1784, Jean-Baptiste Carrier, à force de travail, parvient à obtenir la place de procureur à Aurillac, mais son office sera supprimé en 1789.
Ses compatriotes d'Aurillac se méfient longtemps de cet être sombre et taciturne mais d'une excitation proche de la folie. En 1790, il est conseiller pour le baillage d'Aurillac. En 1792, il est élu député à la Convention nationale par le département du Cantal grâce à la victoire des extrêmistes. Il était déjà connu comme orateur et comme l'un des membres influents des clubs des Cordeliers et des Jacobins. Il s'oppose violement à Guillaume François Laennec. Après la prise de contrôle des Flandres, il y est nommé commissaire par la Convention à la fin de 1792. L'année suivante, il prend part à l'établissement du tribunal révolutionnaire. Il vota pour l'exécution du roi Louis XVI, fut l'un des premiers à demander l'arrestation du duc Philippe d'Orléans (1747-1793) et joua un rôle essentiel dans la chute des Girondins. Il est envoyé en mission en Normandie pour y réprimer, durant l'été 1793, les fédéralistes girondins. Le 14 août 1793, Jean-Baptiste Carrier est envoyé en Bretagne pour y réprimer l'insurrection royaliste. C'est là qu'il dévoile sa folie criminelle.
Après ses missions en Normandie et une encore à Rennes (qui le ménera jusqu'à Quimper), il est envoyé en Vendémiaire an II à Nantes pour faire cesser la révolte par les moyens les plus drastiques. Il établit un tribunal révolutionnaire et forme un corps d'hommes déterminés, appelé la Légion de Marat, et les « hussards américains » (des esclaves de Saint-Domingue qui multiplieront les horreurs). Rapidement le tribunal fut suspendu et les victimes envoyées à la guillotine ou tuées « en masse » dans les prisons. Il en fit aussi mourir beaucoup en les noyant dans la Loire depuis des bateaux équipés de trappes (« bateaux à soupapes »), exécutions qu'il nommait lui-même les « déportations verticales » et qui sont restées célèbres sous le nom de « mariages républicains » : les condamnés étaient attachés par deux (de préférence un homme avec une femme, nus) et étaient jetés nus dans la Loire, ce « fleuve républicain » comme il ose l'écrire dans un de ses rapports, se noyant mutuellement. Plus de trente-mille personnes auraient péri ainsi, mais il faut également tenir compte des épidémies dans une ville surpeuplée où le ravitaillement était difficile. Pendant le déroulement de ces assassinats, Jean-Baptiste Carrier organise des orgies nocturnes en utilisant des « suspectes » de la bourgeoisie et de la noblesse nantaise.
Les taxations et les réquisitions qu'il ordonne ruinent le commerce de la ville. Francastel, Tréhouart, Pierre-Louis Prieur dit de « La Marne » sont dénoncés par Jean-Baptiste Carrier pour leur modérantisme. Il exhorte à la répression la plus féroce : « Il vous est ordonné, écrit-il au général François Nicolas Benoît Haxo, d'incendier toutes les maisons des rebelles, d'en massacrer tous les habitants et d'en enlever toutes les subsistances ». Sur son ordre, des bourgeois sont expédiés vers Paris avec ordre de les faire disparaître et râle : « J'avais écrit à Francastel à Angers, de les faire noyer en cet endroit, mais le foutu coquin n'a pas osé le faire ». Tréhouart ayant un brigand, Le Batteux, qui pillait les campagnes au nom de Jean-Baptiste Carrier, ce dernier le dénonce au Comité de salut public comme contre-révolutionnaire et fédéraliste. Le Comité de salut public penche en faveur de Jean-Baptiste Carrier, mais Marc Antoine Jullien, fils du député de la Drôme à la Convention, (Marc Antoine Jullien) agent de ce Comité, ayant, lors de son séjour à Nantes, constaté la folie meurtrière de Jean-Baptiste Carrier, appuie les dires de Tréhouart.
Cette brutalité lui assura sa réputation. On dit que son esprit a été perturbé par les horreurs qu'il vit durant les affrontements avec les royalistes et par son alcoolisme. Il commet cependant une erreur fatale. Il fait arrêter 132 notables nantais dont il souhaite s'adjuger la fortune. Emprisonnés, transférés à Paris, ils y sont jugés et... acquittés. Sentant le vent tourner, Carrier demande son rappel à Paris, ce qui est fait le 20 pluviôse an II. Il est alors nommé secrétaire de la Convention. Il prit part à l'attaque contre Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794). Les Thermidoriens le laissent tout d'abord en paix, mais, couverts d'injures par lui et disposant de témoignages accablants à son encontre du Comité révolutionnaire de Nantes, ils décrètent son arrestation le 3 septembre 1794. Il est amené devant le Tribunal révolutionnaire le 21, mais Jean-Baptiste Carrier se défend avec maladresse, rejettant toute responsabilité, et dit avoir agi selon des consignes venant de la Convention. Il fait le procès de l'assemblée en s'écriant : « Tout est coupable ici, jusqu'à la sonnette du président. Vous serez tous enveloppés dans une proscription inévitable ». Il est chargé par ses ex-complices sur le rapport de Charles-Gilbert Romme et guillotiné place de Grève le 26 brumaire an III (16 novembre 1794).





