Paul Sandrin
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Images du Plomb et du Puy Mary
Photos de promenades avec l'école de garçons de Thiézac dans les années trente.
Ci-dessous deux poèmes, parus en 2005 dans Sombra y Sol, photos A-L Bui et site photofrancedpt.free.fr:
Lever de soleil sur le Plomb
Aux reflets dérisoires de la clarté des torches,
Le pas mal assuré aux pierres du chemin,
Dans le silence sombre, nous grimpons, attentifs
Au bruissement des eaux, glissant vers le torrent.
Et, soudain dans le vent de la ligne de crête,
Ces croupes endormies, ces vastes étendues
Grondent brutalement en cinglantes rafales,
Précurseurs mugissants de la montée de l'astre.
Emergeant du magma, des formes se précisent;
Fresques indifférentes, des groupes de chevaux
Campent près du sentier, la crinière flottant
Sur leur masse immobile au profil de gisant.
Enfin sur le sommet, l'architecture grise,
En subtiles nuances, s'articule à nos pieds;
Paraissent des sillons ponctués de lucioles,
Cependant que le ciel peu à peu se fait clair.
Dans les effluves roses, goélands du matin,
Les premières lueurs sur l'horizon de l'aube
Façonnent ton visage...bientôt évanoui
Dans le bal rouge et noir du soleil et des monts.
Plombs et puys
Ce pays à l'écart,
Villages d'où l'on part.
Aux rougeurs qui se lèvent
Effaçant la vallée,
Toutes ces vieilles laves
Redressent leurs sommets.
Pays aux étés verts,
Près du chemin désert
Les mirages dorés
Des routes animées
Trompent la nostalgie
De tous ces feux éteints
Qui ramènent la nuit
Au pays où tu vins...
Lycée Emile Duclaux
Le Lycée dans les années 40. Ci-dessous un texte paru en 2000 dans Saints d'Auvergne et une équipe cadets de rugby des Francs Joueurs managés par Léon.
Le rruby
Avant l'entrée en sixième, la plupart des nouveaux pensionnaires avaient seulement tapé dans un ballon rond, mais les performances rugbistiques du Stade, qui constituait l'Olympe du sport cantalien, étaient connues de tous. Pour autant, peu d'entre eux n'avaient eu l'occasion d'assister à un match, pas plus que de manier ou simplement d'apercevoir un ballon ovale. Le rugby constituait pour eux une valeur mythique, assez mystérieuse et un peu effrayante. Aussi l'entrée en sixième était la promesse, autant que celle de l'apprentissage du latin, de pouvoir soulever un coin du voile d'Ovalie...
Pour le sport, la centralisation de l'autorité était à son maximum. Le Censeur, un colosse à la voix de stentor et au cou de taureau qui avait pour le rugby une vénération totale, déléguait le pouvoir absolu à un répétiteur prénommé Léon. Natif de Rodez, Léon portait un pantalon de golf et un béret, mais pas de menton, et, avec un physique de fil de fer, il avait le pas sur les professeurs de gymnastique pour initier tous les lycéens au jeu de rugby, sport qu'il maîtrisait à la manière du Marquis de Cuevas pour la danse.
Très simplement, la compétition était bannie du lycée pour tous les autres sports collectifs et la remise officielle des livres, des emplois du temps et de la liste des diverses fournitures nécessaires pour accomplir le parcours scolaire, était accompagnée, de façon très directive, d'une collecte pour l'achat d'un ballon ovale pour chaque classe. Les cours goudronnées et gravillonnées étaient le premier champ de jeu. Aussi, après quelques mois, lorsque les nouveaux rugbymen étaient amenés à évoluer sur la pelouse, si le parcours se trouvait allongé pour amener le ballon dans l'en-but, le sol était lui nettement plus clément aux coudes et aux genoux.
Léon ne ménageait pas sa collaboration pour arbitrer les matches entre sixième un et sixième deux, car il était important d'intégrer au plus vite les jeunes recrues et un discours très direct leur permettait immédiatement de situer l'échelle des valeurs:
- Vous savez le baské c'est pour les filles, le foootebal c'est pour les petits garçons, mais le rruby c'est un jeu d'hhommes!
Il en résultait l'émergence d'un certain nombre de bons ou de très bons joueurs.Mais le vedettariat était interdit:
- Alors! Tu te prends pour une vedette, tu ne veux pas passer le ballon. Moi, des vedettes comme toi, j'en fais trois ou quatre dans les vatères tous les matins!
Après le bac, Paul Sandrin rejoint ses frères à Paris où il obtient le diplôme de chirurgien-dentiste en 1952. Installé à Pontault-Combault en Seine-et-Marne, il y exercera durant 45 ans.
Randonnées et vacances
Amoureux de la montagne, Paul Sandrin apprécie les sommets alpins, mais reste fidèle à l'Auvergne qui le voit revenir, chaque été, dans la maison familiale de Murat.
Aux ronds de lumière de la photo de droite ci-dessus, s'opposent parfois les cercles de mélancolie d'une randonnée solitaire, évoquée dans un poème de Sombra y Sol, publié en 2005.
Cercles
Dans le rail du sentier bordé d'odeurs sauvages,
J'arpente la pâture et les champs de gentianes
Où l'âme souffre en rond, saoulée de fleurs étranges.
Aux chaleurs du zénith rougissant l'épiderme,
Je m'abreuve à la source et dépose mon sac.
Et l'ombre me ramène aux rives des eaux calmes
Où ma quête éperdue ceinture encor le lac.
Sur la surface sombre, de silence immobile,
Interrogeant le ciel aux reflets rouge brique,
Une branche est levée, d'où tombe une brindille
Et l'espoir s'engloutit en ondes concentriques.
Sombra y Sol propose aussi l'évocation de vacances plus riantes sur les rives méditerranéennes.
Ivresse
Terrasse fleurie sur la baie de Giens
De l'horizon marin,
Les ocres du couchant
Portés au long des vagues
Dansent sur les parois
Rocheuses de la rive,
Bercée du chant des cigales.
Au centre du tableau
Cadré par la grand' baie,
L'éclair de voiles blanches
Détourne le regard
Des murs aux plages chaudes
De grandes toiles fauves,
Hantées du chant des cigales.
Hibiscus et lauriers
De rouge triomphant,
Bougainvillées intenses
Ou bleus volubilis
Enchâssent d'un écrin
Le riche promontoire
Grisé du chant des cigales.
Le pagne bariolé
De l'hôtesse autorise
Quelque rêve improbable
De trésors envoilés
Sous les doux chatoiements
De l'étoffe fleurie.
Quelque rêve grisé des rosés de Provence.
Années 2000: Rude époque !
En 1961, Paul Sandrin avait publié dans le Montagnard une étude remarquée : "Quel est l'avenir économique du Cantal?"
Mais, c'est après sa retraite en 1998 qu'il décide de s'adonner pleinement à l'écriture. Ses ouvrages sont présentés dans son site auquel on peut accéder en cliquant sur le lien "Pages sur l'auteur" ci-dessous. Ils se nourrissent, outre son ironie naturelle tempérée de quelque tendresse, de souvenirs d'enfance et de son amour pour le massif cantalien dont il continue à sillonner les crêtes aux beaux jours et à dévaler les pentes, skis aux pieds, à la saison d'hiver.
Pourtant, auprès de propos plaisants ou personnels, Paul Sandrin n'hésite pas à aborder les sujets douloureux de l'époque. Tel ce poème de Sombra y Sol :
Rude époque
Si tu perds ton job,
Tu peux crever de faim,
Même chez les rupins.
Si tu te promènes,
Fais gaffe tout de même.
Pour New York ou pour London
Délaisse l'avion.
Tout comme pour Oslo
Ne fais pas le rigolo
Enfourche ton vélo
Tu tomberas de moins haut.
Gare aux tours infernales
Des grandes capitales
Les villes en bidons
N'attirent pas l'avion.
Vois les latinos
T'auras de la bonne coke;
Ca n'est pas du toc
Chez les bons guerilleros.
Si tu vas à Rio,
N'oublie pas de monter la-haut...
Car en bas, caramba!
Parmi les favellas
dessin de Pesso
O padre mio
Les jeunes pistoleros
Risquent de trouer ta peau
Pour quelques pesos.
Au fond de l'Afrique
Si jamais tu croques
La jolie moukère
Bénie par le Saint Père,
La jeune beauté
De couleur café
Sans capot't'filera l'sida
Tu seras chocolat.
Dans les îles sous l'arbre à pain,
Aux branches regarde bien
Si les sunamis macabres
N'ont pas pendu de cadavres ?
Si tu te sens un peu seulabre
Lors d'un voyage à Sion
Evite les lamentations
Et le parpaing, tombé du mur sans palabres.
Pour franchir la rue de Gaza
Crois-moi, fais fissa
Entre les tanks de Tsahal
Et leurs balles!
En Irak! Tac, tac, les gars de Bush!
Les copains de Laden t'élargissent la bouche!
Tous te zigouillent volontiers
Pour instaurer la paix.
La Mouramura, poème de circonstance
Voici les vers, se référant au Festival de Danses Folkloriques de l'été, présentés au récent concours de poésie de Murat.
La Mouramura
Et bruirent les murmures de l’amour à Murat
D’où naquit la bourrée de La Mouramura.
Amie du Kazakhstan ou de l’Ouzbékistan,
De la Sud Amérique ou de la Centre Afrique,
Près des monts à Murat, je le sais, tu viendras.
Et quand retentira au son de la cabrette
Cet air acide et doux de La Mouramura,
Chant d’idylle à Murat, je t’ouvrirai les bras.
« Tu verras, tu verras ! » A Murat, sans nul doute
Au cœur chaud du mois d’août, tu viendras dans mes bras.
Murat « c’est fait pour ça », à la croisée des routes.
C’est à Murat le Bleu, par Anglade chanté,
Qu’au soir du Festival, unis par le grand bal,
Ivres du plein été, nous serons amoureux.
Parmi les vieilles rues et les maisons de pierre,
« Toi et moi nous irons ». Ta robe bariolée
S’ouvrira à ta main pour retrouver ma main.
Halte sur la grand’ place auprès la vieille église
Pour goûter les cornets de Murat encrêmés
Ou l’amère gentiane et l’eau de la fontaine.
Je te raconterai les drames du passé.
Et nous visiterons la Maison de la Faune,
La chapelle à Bredons qui plus jamais ne sonne.
Dans la nuit encore noire, nous grimperons au Plomb.
Resterons en éveil au lever du soleil,
Pour le bal rouge et noir de l’astre avec les monts.
Marcherons sac au dos sur les sentiers de crête,
Pour s’asseoir affamés au cantou du buron,
Où la truffade attend, d’authentique recette.
Au creux du rude hiver, au Lioran nous skierons
Parmi les sapins verts, le ciel bleu horizon.
Randonnées en raquette, à tous les jours sa fête.
A Murat, près de moi, ainsi tu resteras.
Et grâce à Internet, en mairie de frais net,
Amie, avec les tiens pourras garder tes liens.
Lorsque retentira au son de la cabrette
Cet air acide et doux de La Mouramura.
Ma belle amie d’ailleurs, tu viendras dans mes bras.
Actualités
Après deux ouvrages parus en 2005, Le Bal des Prénoms léger comme une robe d'été... et Sombra y Sol qui éclaire son oeuvre de l'éclat de soleil qui affleure en son titre..., selon Marc Gachon critique régional, Paul Sandrin a publié en 2006 son 6ème ouvrage, Lumière Céleste. Sa couverture ne surprendra pas les habitués de ces pages wiki, puisqu'elle utilise une photo ci-dessus. Ce nouveau roman propose un savoureux dialogue entre deux vieux amis de pension qui reprennent, la retraite venue, leur confrontation d'adolescents entre celui qui croit au ciel et celui qui n'y croit pas.
Lumière Céleste, Editions de l'Ermitage, est disponible au prix de 15 euros dans les librairies aurillacoises :Delprat, La Petite Librairie, Point-Virgule qui proposent aussi les deux titres précédents ainsi que Saints d'Auvergne, Julie de Cornemure ou les Vertes Gentianes.
On peut voir une analyse et des extraits de chacun de ces ouvrages sur paulsandrin.ifrance.com.
Le prochain ouvrage de P. Sandrin est publié en feuilleton et en avant-première sur la page wiki:
Paul Sandrin collabore au cahier culturel du périodique trimestriel La Galipote. Il signe une chronique, En effeuillant la littérature..., voici un poème d'actualité à paraître en annexe de sa chronique du prochain numéro:
Civilisation
Qui en crève,
Nous continuons pétaradant
A sillonner le macadam.
Inattentifs à toutes les espèces
Qui disparaissent,
Nous tiraillons tous azimuts
Palombes et tourterelles
Et nous frétons des caravelles
Pour dépeupler les océans,
De mazout gluants.
Aveugles aux monstrueuses famines,
Dont tant crèvent,
Nous continuons ventripotents
A nous gaver benoîtement.
Ignorants de nos lettres, de notre art,
Notre culture,
Nous courons chez les Aztèques
En brûlant du kérosène
Pour montrer notre binette
Photochée en numérique
Vénérant Tezcatlipoca !
Indifférents à notre terre
Qui en crève,
Nous continuons pétaradant
A sillonner le macadam.
une représentation de Tezcatlipoca divinité méso-américaine, image du site mythologia.fr
Rimes nouvelles
Haïkus
Le haïku ou haïkaï est un poème d'origine japonaise composé d'un vers de 7 syllabes encadré de 2 vers de 5 syllabes, dédié à la nature ou aux sentiments.
Le haïku permet ainsi d'offrir un instantané sur le Plomb du Cantal envahi d'un troupeau de moutons, de fixer des impressions fugitives de randonnée ou une pensée érotique, tout comme la brève évocation du destin glorieux et tragique de Marie Curie.
au matin tout blanc de moutons,
fin juillet, tout blanc.
(22-7, 10 heures)
marcher dans l'azur
par le vert chemin des crêtes
s'énivrer d'air pur
terme randonnée
panorama Curebourse
dîner, halte à deux.
ton corps et le mien,
oh! comme nos corps sont bien,
ensemble au matin.
la haine et la gloire,
sublime Marie Curie
d'amour et de mort.
Panneau de basket
Le vieux panier rouillé
S’incline sur sa tige.
Le ballon de basket
Ne viendra plus heurter
Son large frontispice.
Dans sa munificence
Il régnait triomphant
Aux tirs adolescents.
Peu glorieux vestige
Il attend résigné
D’être un jour démonté.
Le vieux panier rouillé
Au filet déchiré
Des souvenirs d’enfance.
image sépia de souvenirs d'enfance...
Cadre quadra, animal humain numérisé
En la prime jeunesse
En la nouvelle ardeur
De l’aube quotidienne
Quand le corps se réveille
A l’heure matinale
En sa belle vigueur
Bel animal humain
Le fier cadre gonflé
De sève printanière
Se vêt.
Bardé de ses portables
Hyper numérisé
Ayant baisé le front
D’épouse et des mouflets
Il sort le bmw
Au joyeux cliquetis
D’eau vive dans les prés
De vacance enfantine
Embarras du trafic
J’enclenche mon dernier
Cd.
Quatre-quatre garé
Négligeant l’ascenseur
Pour training matinal
Le fier cadre quadra
Avale quatre à quatre
L’escalier des bureaux
Qu’emprunte aussi le boss
Salue dicte répond
A son client nippon
Et court jusqu’à la pause
Café.
Pour le prochain week-end
On va organiser
Un brillant séminaire
Aux gentes secrétaires
Ce havre des stressés
Tu lui en as parlé ?
Ce matin ! C'est OK
Mais pas la Normandie
Sa femme est à Deauville
Tu retiens Rambouillet
Ollé !
Au départ constaté
De son grand pdg
Notre cadre quadra
Emprunte l'ascenseur
Reprend le bmw
Embarras du trafic
A l'heure vespérale
Ayant baisé au front
Toute la maisonnée
Le quadra cadre se
Dévêt.
Et s’endort épuisé.
Liens externes
paulsandrin.ifrance.com : Pages sur l'auteur.














